La guerre du Petit Robert Livre Robert Nicolas seconde guerre mondiale

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La Guerre du Petit Robert : Un livre autobiographique sur la seconde Guerre mondiale.

 

Avant Propos

Je vous présente ici, semaine après semaine, le livre autobiographique de mon grand père “Robert Nicolas”, décédé il y a quelques années. Ce livre manuscrit m’avait été remis en main propre par lui même. “Tu en feras ce que tu voudras, c’est le seul exemplaire qui existe”… Etonné et extrêmement ému par ce don, je lui avais demandé s’il voulait que je publie cette autobiographie : il avait acquiescé d’un hochement de tête et m’a répété “tu en feras ce que tu voudras”…

Aujourd’hui je vous propose donc de découvrir, chapitre après chapitre, son récit étonnant qui relate différents événements qu’il a vécu durant la seconde guerre mondiale. Bien évidemment, cet ouvrage représente, pour moi, beaucoup plus qu’un livre… Composé de 29 Chapitres, j’ai décidé d’éditer ce livre (en édition limitée!) une fois que vous l’aurez lu sur le site… Vous pouvez me donner vos impressions et vos retours sur info@edition-limitee.fr ! Merci de faire partager.

 

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La Guerre du Petit Robert

 

Par Robert NICOLAS

 

Chapitre I :

 

Assis sous la table de la salle a manger, caché par une grande toile cirée, le couvercle de la marmite au pot-au-feu dans les mains en guise de volant, je conduis mon autobus, celui qui va du quartier de la Mutualité à la porte de la Chapelle. Mais tout à coup, des appels dans l’escalier me font ralentir :


– “Ma”me Nicolas! Robert! Ma’me Nicolas! Ma’me Nicolas!”

Maman me demande : “C’est Jeannot qui crie comme ça?”

-“Venez Vite! Vite”

Ma mère lui ouvre. Il est a bout de souffle.

-“Descendez! Des soldats ! Des soldats!”

 

J’arrête mon autobus, sors de dessous la table et cours derrière ma mère. Nous dévalons l’escalier. Dans la rue : Des soldats, des cheveaux, des canons, partout! Même sur les trottoirs, toute la rue est remplie. Le père de Jeannot nous rejoint : “Le chemin de Stains est plein, tout le pavé d’Amiens aussi, et encore plus loin!”

Un soldat tiens Ginette, la petite sœur de Jeannot, dans ses bras. Ils pleurent tous les deux. Un autre appelle les enfants pour leur donner des biscuits.
Je viens d’avoir cinq ans. C’est le souvenir le plus lointain dans ma tête.

Une entrée, une cuisine, une salle a manger, une chambre : voilà notre logement. Nous y vivons à quatre dans trente-deux mètres carrés. Pourtant la salle a manger me semble grande. J’y dors avec Guy, mon frère, dans un lit-cage que l’on ouvre et referme tous les jours. Mes parents dorment dans la chambre. Dans la cuisine, tout passe par l’évier : nous nous y lavons, et la vaisselle, et la lessive aussi.
Nous habitons au deuxième étage. Sur le palier, a droite, Mr et Mme Kadur vivent avec leur loulou blanc Youki. Mr Kadur, un polonais, est docker dans le port de Gennevilliers. Il ne parle presque pas le français. Chaque fois que sa femme le dispute, il rit et répond : “Oui ma p’tite” ; ce qui fâche encore plus Mme Kadur, surnommé la mère “Tape-Dure” par ses voisins.

Elle est bretonne et travaille dix a quinze heures par jour chez des maraîchers. Ses patrons l’emmènent parfois au théâtre, au cinéma, au restaurant; mais après vingt cinq années de travail – sans une journée de maladie! – ,a soixante ans elle apprendra par la sécurité sociale, que son employeur ne l’avais jamais déclaré. Devant cette trahison, la mère “Tape-dure” restera effondrée.

A gauche demeurent Mr et Mme Prevost et leur fille Simone. Lui ne travaille jamais. Il joue de l’accordéon, de la mandoline, de l’harmonica, du violon, et est au quotidien ivre. A tel point qu’un soir de soûlographie avancée, il a tout cassé dans son logement, et quand sa femme est rentrée de l’usine, il l’a poursuivit dans l’escalier, un couteau de cuisine à la main. Il a fallu l’intervention de la mère “Tape-dure” pour réussir à le désarmer.

Au premier étage, il y a les Dubault : Ernest dit “Nénesse”, pompier de Paris; sa femme “Mémaine”; la fille aînée Odette ou “Mistinguette”, qui d’après la mère “Tape-dure” a des airs de chanteuse de Music-hall; Jacques qui n’a pas de surnom et le cadet Marcel, “Cécel” qu’on appelle “Aumettons” à l’école parce qu’il ne sait pas prononcer “admettons”.

Mr et Mme Riette, très riche charbonnier, propriétaires de l’immeuble – et de tout le quartier – sont au rez-de-chaussée. Ils ont deux enfants, Pierre et Jean. Mme Riette est d’origine Italienne. Elle est très gentille avec ses locataires. Mr Riette, pour moi, c’est Mr Zizette. Ca le fait rire d’être appelé Mr Zizette. Il est auvergnat, et a de grosses moustaches noires. De la fenêtre de la salle a manger, je le vois souvent passer dans sa cour. Pour attirer son attention, je lui lance une cuillère, une fourchette. Il rit. Mais lorsque Maman est alertée par le grand “merde!” qu’il vient de crier, c’est moi qui reçoit une claque sur les fesses.

Les quatre chevaux gris et noirs de Mr Riette sont dans une petite cour à laquelle on accède par un couloir qui donne a droite sur des logements, a gauche sur l’écurie. Tous les Jeudis, les enfants se réunissent à l’entrée de l’écurie. Filles et garçons, petits et grands, tous se bousculent pour regarder, sentir, toucher, caresser. On attend l’arrivée de Gaston qui, s’il n’est pas trop ivre, nous fait faire un tour dans le chantier, a un ou deux sur le dos d’un cheval.

Je suis très souvent dans la petite cour; il s’y passe toujours quelques chose.
Au fond, le père Berthelot et son gendre se cognent dessus. Mais après la bagarre, ils se réconcilient en “arrosant ça”.
Au dessus, les cinq Villedieu – le père, la mère, deux filles et un garçon – ne fréquentent personne. Ils sont tous communistes; militants, colleurs d’affiches, vendeurs de journaux, distributeurs de tracts.

Au-dessus de chez eux, un escalier dissimule une petite chambre désordonnée et sale; c’est le Q.G de Gaston, célibataire, premier commis des Riette, un grand maigre de presque deux mètres. Jeannot dit qu’il va se casser. Quand au “Pick Up”, le bistrot du coin, Gaston commande un demi; c’est un demi de rouge ! Tout les enfants l’aiment bien. Il a toujours sur lui un bonbon pour l’un ou l’autre.
Après la chambre de Gaston, face a l’écurie, vit la famille Hemmery : Jeannot, mon meilleur copain, ses trois sœurs et ses parents. Il parait que son père est chef au “Gaz de France”, mais le mien dit qu’il est retraité depuis bien longtemps.

A l’entrée de la cour, il y a un café : “Au chien qui fume”. Pour attirer la clientèle, le Patron donne la pipe a son chien Zozor, un gros briard, qui ne refuse pas de tirer quelques bouffées, au grand amusement de l’assemblée…

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Chapitre II (a découvrir la semaine prochaine)….

 

 

 

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